Pluie à Nagasaki : mémoire et temps

     Après avoir lu  le roman de MURATA Kiyoko intitulé Dans le chaudron (Naba no naka en japonais), prix Akutagawa de 1987, KUROSAWA Akira rédigea en quinze jours le scénario du film Rhapsodie d’août (1991), qui appartient à la dernière période de sa grande carrière de cinéaste.

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La littérature japonaise en quelques titres

   On me demande régulièrement par quelles œuvres on peut se lancer à la découverte de la littérature japonaise. Depuis les années 2000, les lecteurs ont l’embarras du choix : alors que le grand japonologue René Sieffert a traduit les plus grands textes classiques (du Heike monogatari au Genji monogatari, jusqu’à l’Eloge de l’ombre de Tanizaki), et Jacqueline Pigeot à sa suite, des éditeurs ont permis à divers traducteurs de faire découvrir aux Français des dizaines d’œuvres encore ignorées : des ‘classiques’ modernes, mais aussi des textes contemporains. Pour accompagner cet essor remarquable, qui montre que l’intérêt du lectorat ne se borne pas aux foisonnants mangas, on trouvera ici quelques propositions et indications, qui permettront de partir à la découverte du continent littéraire japonais.

Quelques classiques (littérature de l’ère Heian)

1°) Le Dit du Genji (Genji monogatari).

Genjimonogatari

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Onsen d’Enfer

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     Comme le savent ceux qui ont eu la chance de séjourner assez durablement au Japon, la cuisson humaine y forme une puissante et rougeoyante originalité. Une quarantaine de degrés et plus vous accueillent dans ces fameux onsen dont le nombre tourne autour de 2300, parmi lesquels le plus ancien aurait trois mille ans. Pratiques thermales, les sources d’eau chaude naturelle sont également appréciées des moines, qui en font un rituel de purification.

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Le sushi-cliché, le sushi international, le sushi à se faire, etc.

Sashimis servis dans un restaurant (Akita-Ken)

« Ce soir, je vais au japonais », « tu veux des sushis ? », « les Japonais, y mangent des sushis », « moi j’te frai des sushis à la maison », « aucun sushi à vous faire », etc, etc. Parmi les clichés en vogue sur le Japon, celui du sushi est le plus répandu : il se décline en autant de faux restaurants et vrais traiteurs, tenus par des personnes qui, pour être d’origine asiatique, ne sont nullement japonaises, et ne cuisinent généralement pas selon les méthodes pratiquées au Japon. En France, en Angleterre, partout en Europe, la plupart de ces restaurants ou traiteurs sont des faux, ou du moins, des imitateurs.

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Le testament du soir, de Shindo Kaneto

Testament

     Ancien parmi les anciens, Shindo Kaneto est mort en 2012 à l’âge de cent ans, après avoir produit une centaine de films, jusqu’à 98 ans ! Ce grand cinéaste, d’un caractère trempé, avait été l’assistant de Mizoguchi pour le tournage des 47 rônins. En France, il s’est fait connaître par un chef d’œuvre sans paroles, L’île nue, en 1960, et Onibaba, en 1964. Malheureusement, en dehors de ces deux titres, la France a peu reconnu ce cinéaste, il est vrai davantage ‘domestique’ que Kurosawa, mais qui mériterait un autre sort : il paraît injuste qu’un artiste de moindre envergure comme KITANO Takeshi ait reçu la légion d’honneur, et non Shindo.

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La vérité sur HACHIKO est bonne… à manger

L’Université de Tokyo, fameuse « Todaï », vient d’ériger (au mois de mars 2015) une nouvelle statue d’Hachiko, le chien fétiche du Japon.

1blogger1On sait que pendant des années, cet « Akita inu » (chien d’Akita), né en 1923, avait attendu son maître à la même heure, et que ce héros de la fidélité avait inlassablement rempli sa tâche après la mort de son propriétaire, en 1925, suscitant l’émerveillement attendri des contemporains. Depuis des années, le chien est statufié à Shibuya, point de rendez-vous pour des centaines de milliers de personnes, japonaises ou non. Hachiko a inspiré des films, des mangas, des cartes postales, il est l’objet d’une vénération véritablement universelle, où le Japon verse tout le saké de la compassion. Un sculpteur a donc statufié une seconde fois l’héroïque toutou, fidèle comme 47 samouraïs, pour une somme de 760.000 euros dit-on : le chien et son propriétaire (un professeur d’agriculture) scellent leur sentiment par un regard qui les fixe pour le monde entier. Cette nouvelle sculpture a relancé le mythe, que reprennent en chœur les milliers de touristes.

Yakitori stand near Tawaramachi station in TokyoL’autre jour, un lucide admirateur d’Hachiko me l’a confié : au point de rendez-vous où le chien attendait son maître, se trouvait un généreux marchand de yakitoris. L’Akita inu manquait d’autant moins l’heure de son papa qu’elle éveillait d’intransigeantes babines…

Mettons que fidèle à son maître, Hachiko honorait la cuisine locale et qu’il entraîne, à ce titre, notre sympathie.

Les Sept Samouraïs de Kurosawa Akira

Un héroïsme quand même

   Les sept samouraïs ont longtemps été considérés comme le film icônique du cinéma japonais, avec Rashômon. Référence majeure de ce domaine ‘étranger’, l’œuvre de Kurosawa Akira a suscité quantité d’articles et de pages, à tel point qu’il pourrait sembler téméraire de revenir sur elle sans répéter ce qui déjà a été dit. Une certaine désaffection la frappe actuellement : après soixante ans, voici le film en partie démodé, avec des prises, des mimiques faciales qui rappellent le muet, des scènes convenues ou lourdement burlesques – comme celle où l’ivre-mort Kikukyo, joué par Mifune, poursuit l’un des samouraïs qui l’a privé de sabre –, sans parler du noir et blanc et de la piteuse prise de son. Partant, le spectateur contemporain risque de passer à côté d’un chef d’œuvre. Le film s’organise en une succession de 284 scènes logiquement articulées, que l’on pourrait détacher une à une pour les revoir, les comprendre et les commenter.

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