Bibliographie critique

Les Japons de Stéphane Giocanti

Jizojapan

Kamikaze d’été, roman. Editions du Rocher, 2008.

« Partout, l’ombre de Mishima plane, au sein même de l’écriture, mais aussi en tant que personnage du roman.[…] Stéphane Giocanti signe un roman profond, aux images subtiles, où les mots sonnent juste, et où les références sont passionnantes. Ajoutons à cela un sens poétique aiguisé et des questions qui restent résolument d’actualité. » Arnaut Destal, Boojum, 2008.

« Un début romanesque ne se signale pas souvent, comme celui-ci, par la hauteur de ses préoccupations et par le style de ses diversités. Stéphane Giocanti apporte tout de suite la preuve, avec un morceau de bravoure narrative (l’ultime combat d’un aviateur kamikaze), qu’il est capable de mener un récit jusqu’au paroxysme de son intensité dramatique. Le livre, alors, bifurque, abandonnant l’évocation épique pour tendre la corde sensible du plus profond des cantons intimes. […] Toutes sortes de dangers guettaient Stéphane Giocanti, la platitude sentimentale, l’intellectualisme d’une érudition mal maîtrisée et plaquée sur un récit qui aurait été réduit à un exotisme de virtuose. Dieu merci ! les uns et les autres sont évités par une intelligence naturelle et par une langue magnifique, au lyrisme spontané et fluide. » Pol VANDROMME, Valeurs actuelles, 15 février 2008.

« Sous le masque du Japon, le lien à l’ancienne France, le goût, la passion de la tradition, des lettres classiques, la découverte d’un émoi fort peu littéraire se dénudent. Sous le masque du Japon, l’acceptation d’une survie en milieu hostile, feue France ou feu Empire du Levant, se dévoile. Sous le masque du Japon, le souvenir de Monsieur Ouine, le poids des grands morts à la guerre, la rhétorique cornélienne, la détresse des fils de personne cités à l’ordre du Néant seul, se dessinent et s’estompent, triomphe tardif du vif sur le mort, de la sapience sur l’exaltation. » Sarah VAJDA, Le magazine des Livres.

« Avec beaucoup d’élégance, l’auteur ne nous fait pas sombrer dans le roman de mœurs, mais plutôt dans celui d’une quête historique, spirituelle et littéraire. […] Qu’un Occidental ait réussi à s’approcher d’un univers aussi lointain et inaccessible à nos mentalités, avec une telle absence de pesanteur et d’esprit démonstratif, me paraît aussi surprenant que réussi. » Joël SCHMIDT, Réforme, 1-7 mai 2008.

« L’ouvrage d’un samouraï d’hiver. Celui de mon ami Stéphane Giocanti, le biographe d’Eliot et de Maurras, paru aux éditions du Rocher. Avec un titre qui, d’emblée, annonce la couleur (sabre, ikebana et cerisiers en fleurs) : Kamikaze d’Eté. L’intrigue est simple et forte, telle un coup de pinceau calligraphié à la façon d’une signature de chevalier : comment Naoki, le fils de l’un des ultimes héros, sacrifié en 1945, de la dernière guerre menée par un Japon qui se survit depuis désarmé, peut-il de réconcilier avec le bruit et la fureur des batailles, lui que tout distingue en apparence de son père, à commencer par cette homosexualité qui, par ailleurs, à la fois l’éloigne et le rapproche de sa mère ? Or, c’est en poète lyrique, et non pas en thuriféraire de l’introspection, que l’auteur mène le récit. D’où deux choses que j’ai apprises ou réapprises au cours de ces pages : la première, ma dette à l’égard du zen qui, dès l’adolescence, m’aura préparé à rencontrer l’hésychasme en ce que ce dernier comporte aussi d’exaltation du vide ; la seconde, ma dette, plus personnelle, à l’égard de Giocanti qui m’aura montré là un pan insoupçonné de la dure loi du désir sous le soleil métallique de l’Asie. A lire de toute urgence. » Jean-François COLOSIMO (Bloc-notes).

« Giocanti, lui, fait dans la dignité. A chaque page, il est à la hauteur de cette histoire qui a le charme lent et suave du cinéma japonais. L’héroïsme, l’homosexualité, le Japon impérial basculant dans le miracle économique, on s’attend à voir surgir Mishima. Et comme ce roman ne déçoit pas, il est bien là. » Jean-Marc PARISIS, Le Figaro-Magazine, n°19836.

Désir de Kyoto, roman. Kindle, 2013.

Entre Paris et Kyoto, à l’époque contemporaine, ce roman décrit une rupture qui tourne finalement en réconciliation, par un dernier son de cloche. Pour tenter d’oublier la relation qu’il a entretenue avec son compagnon, le personnage principal décide de séjourner à Kyoto, où il tente d’utiliser toute sa culture nipponne comme un mur dressé contre ce passé. Sous l’action même de cette culture et de l’Eros dont elle témoigne, le mur en question vole en éclats.

Livret pour le film Yukoku de Mishima Yukio

Editions Montparnasse, 2008

« Le livret de 32 pages qui accompagne ce CD réalisé par Stéphane Giocanti , auteur d’un passionnant roman Kamikaze d’été, constitue un magnifique document sur la vie de cet écrivain et la réalisation de ce film. » Fabrice TROCHET, AgoraVox, 8 janvier 2009

« …un passionnant livret de 32 pages rédigé par Stéphane Giocanti (essayiste et écrivain français, ici vraisemblablement très inspiré), et l’édition Folio du livre Patriotisme et autres nouvelles de Mishima (complément d’un genre assez rarissime pour être noté !). Pour le reste, on peut noter l’unique mais précieux bonus du DVD, une interview de Mishima par Jean-Claude Courdy, qui de façon assez touchante témoigne, dans l’intonation de l’interviewer mais aussi dans ses questions (Mishima, est-ce que vous êtes un bourgeois ? »), du climat socio-philosophico-politique obsessif du Paris des années soixante. » Alexandre MARTINAZZO, Orient Extrême.net

« Un événement cinématographique majeur, qui dépasse le seul cadre des admirateurs de l’écrivain japonais, est intervenu avec la sortie en dvd de l’unique film réalisé par l’auteur du Pavillon d’or et de la Mer de la fertilité. » Régis POULET, Revue des Ressources, 2009